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Coypel : un carton de tapisserie redécouvert

Redécouvert à l’occasion de la campagne d’inventaire des décors du théâtre impérial, ce carton de tapisserie de Noël Coypel (1628-1707) appartient à la série de huit peintures illustrant Les Triomphes des Dieux. Tout juste restauré, le carton du Triomphe de Vénus est exceptionnellement présenté en regard de la tapisserie de la manufacture des Gobelins.

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Jacques Dubois
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jacques.dubois[a]culture.gouv.fr

Exposition du 27 mai au 29 août 2011

La redécouverte d’un carton de tapisserie à la faveur de la campagne d’inventaire des décors du théâtre impérial de Napoléon III a été suivie de sa restauration. Un préalable nécessaire à sa présentation au public, en regard du tissage correspondant.

Cet important carton de tapisserie (4,30 m de haut par 7 m de large) appartient à un ensemble de huit oeuvres réalisées par Noël Coypel (1628-1707), l’un des plus fameux peintres du règne de Louis XIV.
Intitulé Le Triomphe de Vénus, c’est un élément des Triomphes des Dieux, série de huit peintures commandée en 1683 par la Surintendance des Bâtiments du Roi afin d’être tissée par la manufacture royale des Gobelins. Le dernier des cartons, celui de Vénus, est livré par Coypel en 1693.

Pour réaliser cette commande (dont sept des huit pièces du premier tissage sont alors envoyées au château de Marly), Coypel s’inspire directement d’une tenture de la Renaissance italienne rendant hommage aux grotesques antiques découverts à la faveur des fouilles entreprises à Rome au XVIe siècle et des ornements développés par Raphaël sur les murs des Loges du Vatican.

La tenture des Triomphes des Dieux connaît d’emblée un grand succès, ce qui explique les sept tissages successifs qui en sont faits. La série des huit pièces composant la première tenture s’échelonne de 1689 à 1701. Le tissage de la dernière tenture s’achève en 1714. Après cette date, les cartons –fragmentés après avoir servi aux sept tissages– sont stockés dans les magasins de la manufacture des Gobelins.

Aujourd’hui, l’essentiel des cartons est conservé au Louvre (fragments des Triomphes de Minerve, de Bacchus et d’Apollon) et au Mobilier national (Triomphes d’Hercule, de la Philosophie, de la Religion, fragments du Triomphe d’Apollon). En mai 1939, le Louvre envoie Le Triomphe de Vénus au château de Fontainebleau.
Contrairement à la plupart des autres cartons de la série, Le Triomphe de Vénus est complet. Il est divisé en sept bandes. La richesse de sa composition, proche de la tenture italienne, le nombre des personnages (Vénus sur un navire à deux proues, Neptune conduisant ses chevaux, centaures marins portant des femmes sur leur dos, nombreux amours et colombes), comme l’importance du décor (trépieds et éléments d’architecture…) en font un chef-d’oeuvre du style arabesque.